Pam, 19 ans, née le 19 octobre 1989
Etudiante en 2ème année de Licence de Langue, Littérature, et Civilisation Anglo-américaine à Paris-X (Nanterre), pour devenir professeur des écoles. Aussi
sérieuse que futile, sexfan des sixties (ouai bon c'était facile), cette fille écoute du rockabilly et du rock psyché, mais sait se déhancher sur du Britney quand la situation
l'impose. Elle a beau être passionnée de littérature pure et dure, elle ne peut se passer de sa Chick-lit.
Signe particulier : est amoureuse de Rimbaud. Voue un culte à Rimbaud. S'est carrément fait tatouer un vers de Rimbaud dans le creux de la hanche il y a plus d'un an.
Percée à la langue.
Percée au nombril.
Désespère de la taille de ses seins (pitain !).
Est végétarienne convaincue.
Sent le Chance de Chanel à des kilomètres à la ronde.
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Thursday, 20th november
L'homme est parti il y a un peu plus d'une heure, en courant pour chopper le train de banlieue qui l'amènera à la fac. Sans
moi. Il a un partiel, moi pas, tout est dit et je ne bougerais pas de ce lit. (enfin, juste pour me ravitailler en
gateaux) (faut pas déconner non plus, une alimentation saine, c'est la base de tout !)
Programme de la soirée d'hier
? Bols de céréales, sexe, chocolat, Californication*, HIMYM*, re-mangeage, fumage d'un charmant deux feuilles
(mercredi, c'est presque le week-end nan ?), Nip/Tuck*, glaces, sexe, massage. Tout ça sur fond de cones
d'opium, parce que ça fume et ça sent bon.
J'ai écrasé ce qu'il en restait cette nuit, en tatonnant dans le noir pour
trouver mon chemin jusqu'à la porte.
J'aime la vie avec ce mec. Parce qu'on la
v(o)it de la même façon, et c'est super rassurant. Que'qu'part dans l'monde, y'a quelqu'un capable de voir les choses
toupile avec vos yeux. La personne change au fur et à mesure des années, peut-être, mais après tout vous changez vous-même.
J'crois que pour rester ad vitam eternam avec la même personne, faudrait pas cesser d'évoluer en synchrone. Le moindre décalage peut tout bousiller. En attendant, on profite, le sourire aux lèvres alors qu'on crève de froid, shootés à l'amour. Autour de nous les fous.
Mardi, un de nos profs,
Monsieur C., nous a croisé dans l'ascenceur. N'am avait ouvert son manteau pour que je m'y engouffre, collée tout contre lui en attendant d'arriver. Chacune de nos têtes parfaitement
imbriquée dans le cou de l'autre.
Monsieur C. a souri, avant de dire au reste de l'ascenceur "Un jour vous allez voir, ils vont réussir ces
deux-là. Ils vont fusionner, parfaitement, les deux moitiés se retrouveront et ne feront plus qu'un. Et si Platon avait raison ? Y'a une
poignée de gens comme ça, comme vous, qui donnent vraiment l'impression d'avoir retrouvé La Moitié qu'on leur avait coupé. Qui donnent envie d'y
croire."
Et puis il est parti.
Sur un autre plan, je navigue de déceptions en déceptions amicalement parlant. J'crois pas attendre trop pourtant, parce que
je suis réaliste, je sais que j'donne pas beaucoup moi-même. Et pourtant, face aux réactions de certain(e)s, ma seule réponse consiste en un
haussement d'épaules.
Et alors ?
Je fume le vent la tête en l'air, j'ai rien à voir avec la Terre, disait la jolie
fille.
Je mange n'importe quoi, n'importe quand, n'importe comment, et j'aime ça. J'ai l'impression d'être
libre.
Et la liberté me va bien au corps ; mes seins et mes fesses s'arrondissent superbement. Oh, j'prends pas tant de poids que ça, j'tourne
autour de 41kg, mais la transformation est évidente. Il se passe un truc, je deviens jeune femme.
Je suis librement évoluante et
dépendante, voilà. Pour rien aux monde je n'arrêterai les cachets, les anxios, que j'prends maintenant dès le
réveil, combinés aux anti-dépresseurs (que j'ai enfin réussi à faire doubler sur l'ordonnance, halelujah), et aux hypnotiques, ces
trucs génialement bizarres, me gardent la tête droite face à la vie.
Je peux choisir mon humeur, choisir mes sensations, choisir.
Le mot clé qui rend ma dépendance libre, et ma liberté si dépendante.
Plus 20g de trucpourmonbidonautodestructeur,
plus ma pilule, et hop on avale.
"Qu'est-ce tu fous tu vas pas faire passer ça avec du champagne ?!"
Si, c'est meilleur. Alors il rit et moi aussi, et on s'embrasse encore encore encore.
J'ai l'impression que cette note est déprimante, mais non hein, j'ai juste l'esprit qui l'attend.
J'aime ma vie comme elle est.
Lundi, mardi, mercredi, jeudi, je suis l'étudiante. Celle qui bosse, vraidevrai, qui ne rate aucun TD et passe le plus clair de son temps à courir après les
trains. Celle qui s'enferme dans les toilettes avec son copain aussi, des fois.
Vendredi, je
suis maîtresse d'école, entourée de petiots qui ouvrent grand les yeux, et je jubile.
Samedi matin, je suis le reste de la maladie. Pesée, au cas où, papa s'inquiète toujours en vrai. Samedi midi, je suis la
grande fille de mes parents, simplement. Je conduis la voiture, fais les courses, range, nettoie, toussa toussa. Samedi soir, je suis l'amoureuse à
temps complet, folle de sa tête et de son corps, jusqu'au lendemain, jusqu'à ce que la semaine recommence, jusqu'à ce que je recompte les nuits
sans lui*.
Et pas un de ces aspects ne me déplait.
J'ai une vie en pâte à sel, et ça tombe bien j'ai toujours aimé en grignoter.
Quoi, pas vous ?